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Var-Matin

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dimanche 13 janvier 2008

Brignoles : Au bonheur des dames ou le vin au féminin

 Depuis la première cuvée du GIE Le vin au féminin, en 2006, les clients et amis des Depuis la première cuvée du GIE Le vin au féminin, en 2006, les clients et amis des "filles" Staron s'accordent à reconnaître une qualité nettement à la hausse. :

On est encore loin de la success story mais l'aventure est tellement forte et fusionnelle qu'on la voudrait placée sous le sceau du champagne.

synergie Avec un certain culot, Annie Staron et ses trois filles ont repris en main le domaine de Bourganel. La cuvée 2007 valait bien une fête

L'histoire d'une maman, Annie Staron, et de ses trois filles, Séverine, Angélique et Natacha qui, en 2005, ont repris en main le domaine de Bourganel auquel son propriétaire, Henri Gas, ne pouvait apporter le soin nécessaire (lire encadré).

Le GIE du « Vin au féminin » est né de peu de moyens mais d'une incroyable passion de ces dames de fer et de c?ur, unies par le sang à la vie comme aux champs.

Peu y croyaient dans le métier. D'autant que les 22 hectares de vignobles avaient vécu les affres du manque d'amour et que, du pressoir à la cave, le matériel semblait avoir rendu son dernier souffle depuis des lustres déjà.

S'il n'y avait pas de point d'honneur à donner l'exclusive du domaine aux femmes, le hasard aura peut-être choisi de confier les destinées de la vinification à Géraldine Legentil, ?nologue au sein de l'Institut coopératif du vin (ICV).

Avec 800 hectos produits cette année, essentiellement en rosé (10 % en blanc, 10 autres en rouge), les filles ont déjà amélioré le rendement de 200 hl par rapport à la première campagne de 2006. Premiers fruits d'un travail en « agriculture raisonnée » auquel s'est attachée la qualité des vins, reconnue par tous.

« Beaucoup nous ont dit qu'avec nos moyens, il était impossible d'obtenir ces résultats. Mais nous, notre arme, c'est la foi et la rigueur. Franchement, on est trop "chiantes". Trop "titilleuses" sur la qualité, l'hygiène. Pour l'instant, notre récompense, notre seul salaire, ce sont ces compliments. On veut aussi la critique pour aller plus haut », clament, dans une sorte de symbiose, Séverine et Angélique.

Parce que la gageure est loin d'être entendue : « On arrive à payer nos charges, c'est tout. Heureusement que nos hommes sont là ! Mais nous pensons que la passion, l'honnêteté et la convivialité, qui ont su convaincre les gens qui nous soutiennent, devraient payer. Pour autant, nous nous sommes donné encore trois ans pour réussir. Sinon, on retournera à Leclerc ! »

L'autre samedi, le quartet de charme a donné tous son sens à cette générosité que doit inspirer la terre et ceux qui l'animent.

Trois chapiteaux dressés dans la cour du domaine, un buffet maison « long comme ça » pour une bonne centaine de clients et amis repartis avec quelques cadeaux. Et un lâcher de ballons symbolique dont on espère qu'il diffusera au plus loin le message de ces arpents de vignes pas tout à fait comme les autres.

Bref, une fête qui n'avait rien d'obligée mais s'inscrivait naturellement dans l'esprit du domaine de Bourganel, renaissant.

à chacun de goûter le nectar, frappé d'une belle étiquette transparente, elle aussi du cru familial.

Et ne vous arrêtez pas au seul rosé AOC ou au blanc de cépage Rolle.

« Je ne supporte pas les appellations. Franchement, bien des vins de pays ou de table valent largement les AOC. Il y a beaucoup trop d'arbitraire dans cette affaire ! », "roumègue" Séverine, plus spécialement attachée à la vinification.

Quand au Vin au féminin, qui ne manque pas d'attirer l'attention des ménagères encore affiliées à la corvée des courses, il ne s'entoure d'aucun sexisme. « Rassurez-vous, notre vin est ouvert à tous et fait pour tous. »

Cela étant dit, vous pouvez trinquer, les mecs !

P. J.
Var-Matin

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