Jean-Pierre Guercin assume pleinement le projet tel qu'il avait été défini puisqu'il s'agissait de répartir des groupes scolaires de taille raisonnable dans les quartiers périphériques de la ville. : Photo Rina Uzan Nous évoquions dernièrement (VM du 19 juillet) la décision de la municipalité Gilardo de réaliser le projet d'école de La Tour, défini par l'ancienne équipe. Cela, par souci d'urgence plus que par adhésion au dossier puisque Jean Broquier, adjoint aux travaux, jugeait que les capacités d'accueil de l'établissement avaient été sous-estimées, tout comme le volet financier puisque le budget prévisionnel avait été porté de 2,3 à 2,66 Me.
Cohérence territoriale
Ancien maire, Jean-Pierre Guercin s'inscrit en faux contre cette interprétation du projet et s'en explique.
« Édifier un groupe scolaire sans envisager d'extension relevait d'une volonté délibérée de notre part. De fait, nous avions décidé de répartir les écoles dans les différents quartiers et d'en limiter la capacité à trois maternelles et cinq primaires, ce qui est le cas en l'occurrence. Il s'agissait de privilégier des petites structures à taille raisonnable et d'éviter des concentrations, à l'instar de la trentaine de classes des groupes Jean-Jaurès. »
« Accessoirement, je prends acte de la décision d'édifier une école quartier de Paris. Non sans préciser que c'est nous qui avions fait jouer notre droit de préemption pour doter la commune d'une réserve foncière de 10 ha. »
Un peu de retenue
« Sur la forme, je pense que pointer du doigt un soit disant manque d'étude c'est remettre en cause le travail efficace du directeur des services techniques, hélas décédé. Je tiens d'ailleurs à lui rendre hommage. Un peu d'élégance et de retenue n'auraient pas été de trop dans cette affaire. Pour ma part, j'avais fait preuve de retenue quand j'avais repris certains dossiers...»
Jean-Pierre Guercin poursuit : « Au plan technique, les données étaient suffisantes et le projet de La Tour s'est adossé à l'unanimité du jury du concours (1). Par contre, je suis d'accord sur le fait que le bureau d'étude a sous-estimé certains postes pour rentrer dans les objectifs fixés. Ce que l'on peut d'ailleurs tempérer un peu en tenant compte de l'augmentation significative des matières premières. Nous étions au courant de ces surcoûts que nous avons largement discutés. Les propos de M. Broquier attestent que le cabinet d'étude a eu le sentiment d'une certaine culpabilité puisqu'il a accepté de ne pas réévaluer ses prix... »
Se défendant de tout esprit polémique et notant au passage que « ce projet avait ravi les entreprises par sa fonctionnalité », Jean-Pierre Guercin qualifie néanmoins l'affaire « de petite et légitime gesticulation au plan politique. »
Un surcoût acceptable
« Certes, le devis initial a été dépassé. Mais j'ai estimé que réaliser l'établissement à hauteur de 2,6 Me était tout à fait acceptable et répondait à nos objectifs.
De conclure : « Qui sait si, en regard de la conjoncture et de l'immobilier, on ne sera pas au-delà des 10 % de dépassement à l'issue des appels d'offres ? Je ne cherche en aucun cas à me dédouaner de mes responsabilités. Mais croyez-en mon expérience en la matière, le dépassement du marché ne sera ni le premier, ni le dernier. Je donne rendez-vous à la nouvelle municipalité sur ce point... »
(1) Ce jury est notamment composé du représentant de l'ordre des architectes ; du directeur du CAUE ; d'un architecte assistant le maître d'ouvrage et d'un représentant de l'éducation nationale.