L'après-midi d'hier était consacrée aux amateurs. Les écoles de musique se sont succédé sur la scène installée dans le jardin de la Roquette. Pour former le public et les artistes de demain. : Photo Sophie Donsey Transmettre. S'il y avait un verbe à retenir pour décrire l'ambiance des Joutes de Correns, ce serait celui-là.
Transmettre les traditions musicales, grâce à une programmation audacieuse. Puriste dans l'inspiration et innovante sur scène. N'hésitant pas à mélanger les sons électroniques et les instruments classiques pour attirer les néophytes et former le public du futur. Transmettre aussi l'émotion, dans les rues, comme le groupe Accoules Sax. Les Marseillais ont joué, hier après-midi, au coeur du village, au milieu de quatre cents personnes survoltées par les rythmes jazz - funk - ragga de la fanfare en lunettes noires. Avec un refrain irrésistible : « Mange des sardines avant que la vie te mange. Tous rassemblés pour se régaler. » Transmettre donc la bonne humeur, avec un dimanche champêtre, des représentations gratuites ou à un prix plus que raisonnable.
Le public ne s'y est pas trompé. Samedi soir, les organisateurs avaient déjà doublé l'affluence de l'année dernière. Mille deux cents personnes ont assisté aux concerts de El Hadj N'Diaye, Duoud et Mamar Kassey. Trois artistes représentant trois facettes du continent africain. Le festival s'est achevé hier dans le vent, au sens propre comme au figuré. Mais les quelques rafales dominicales n'ont pas perturbé le climat des joutes. « Un espace de liberté totale », selon les voeux de son président. A peine le rideau tombé, le Chantier pensait déjà aux prochaines résidences. L'édition 2009 est en route.