Weisz souhaite aller vers les sommets. Son président aussi. Mais malgré une belle saison, le HTV ne parvient pas à tuer ses vieux démons. : Photo R. Barsotti Mais où va donc le HTV ? Après une saison historique au vu de ses moyens - demi-finale des As, 6e au classement, play-off - le club peine à trouver un second souffle.
Après un tel parcours, on s'attendait à ce qu'il surfe gentiment sur la vague du succès. On croyait, enfin, à la renaissance. A la fin de la barbarie comptable...
Mais la DNCCG a balancé un parpaing sur le crâne des dirigeants. Il revient ainsi au Conseil supérieur de gestion de fixer la masse salariale varoise. Dans ces conditions acrobatiques, forcément, le président Fabrice Veyrat a la gueule de bois. « Je suis désabusé. Je pensais obtenir plus de soutien. De considération... »
La récente table ronde avec les collectivités ne l'a rassuré qu'à moitié. TPM, Toulon et le conseil général ne lâchent pas le HTV. La ville de Hyères devrait leur emboîter le pas. En revanche, aux dires du président, le conseil régional traînerait toujours les savates en queue de peloton... « On nous avait promis une subvention de 80 000 euros pour la Semaine des As. A ce jour, je n'ai rien. Or, on a absolument besoin de cette enveloppe. En plus, la LNB va désormais exiger des engagements écrits pour les subventions... »
Le club serait-il aux abois ? Pris à la gorge, malgré la draft d'Ajinça par Charlotte pour 250 000 dollars ?
« Ce qui fait environ 165 000 euros. Cela nous permet juste d'épurer le passif » précise le boss qui voit déjà tourner au-dessus de cette manne providentielle quelques vautours affamés.
Bref, faute d'un portefeuille de sponsors privés suffisant, l'histoire se répète saison après saison. Le HTV est, sinon à la botte, du moins soumis au robinet financier des collectivités.
Collectivités sans lesquelles, il est vrai, le club n'existerait plus depuis belle lurette. Tant en Pro A, qu'en Pro B. Alors, comment passer un nouveau cap - européen par exemple - sans leur demander davantage ?
Tel est bel et bien le casse-tête auquel sont confrontés les dirigeants. Surtout dans une région où le basket n'a pas franchement pignon - ni pognon - sur rue.
« Il y a quelques jours, si un fou avait été près à prendre ma place, je lui aurais cédée assène brusquement Fabrice Veyrat. On me dit qu'avec les recettes de la coupe d'Europe, on rentrera dans nos frais. C'est très incertain tant il y a de paramètres en jeu. »
Cette Eurocoupe Fiba, le club a pourtant décidé d'y participer. « Le chèque des droits d'engagement est parti soupire-t-il. On verra bien avec quels moyens on la jouera... »
Et quels joueurs car, pour l'instant, Anne, ma soeur, ne voit rien venir. En revanche, elle agite son mouchoir pour dire au revoir... « On a réglé les cas Legname et Ajinça. Milling devrait rester. On attend le retour du contrat de Pierce... » Concernant les autres renforts, mystère et boule de gomme. Surtout avec une masse salariale surveillée comme le lait sur le feu. A Alain Weisz de réaliser - encore - des prouesses. A moins que ce faiseur de miracles ne voit lui tomber du ciel un gros lot salvateur. Un partenaire aux larges épaules.
« Bien sûr on va augmenter notre sponsoring. En plus, on a obtenu l'agrément pour la création des loges au palais. C'est bien, mais je suis fatigué de me battre... »
Décidément, même fort de résultats probants, le HTV ne parvient toujours pas à transformer l'essai.