RCT : l'emballage final
Comme contre Agen, Jacques Crenca, Lippi Sinnot, Tom Whitford et Tana Umaga espèrent ramener la victoire face à Aurillac. : Photo F. G.
Plus que quatre matches. Il n'est plus question de calculer, de gérer. L'heure est venue de tout donner, de ne plus rien laisser en route. Toulon tient solidement en main son destin. Leader de pro d2 depuis le premier jour, il ne peut plus défaillir et se placer dans le doute, avant de recevoir le 25 mai son principal rival, le Racing-Métro.
Certes le Stade Aurillacois, nouveau promu a réalisé un parcours estimable et joua même les terreurs du championnat avant de commencer à défaillir, le 19 janvier dernier en s'inclinant pour la première fois dans le Cantal face à... Toulon. Mais les données ont considérablement évolué depuis et, les hommes de Peuchlestrade, ont appris depuis à se contenter d'un maintien confortablement et rapidement assuré. Ils viendront aujourd'hui s'offrir leur part d'émotion, d'honneur même, en foulant la pelouse de Mayol et en se confrontant à ce qui se fait de mieux en terme de notoriété et d'individualités. Et, comme tout un chacun, ils tenteront de vivre cela le mieux possible en faisant bonne figure, avec un maximum de générosité et d'ambition. Sans pression, une équipe même de second plan, jeune et perfectible, peut ainsi réaliser des prouesses, comme Oyonnax, Tarbes, Narbonne, Lyon - notamment - le firent cette saison. Eviter le quart d'heure d'absence Rien qui puisse pour autant effrayer la dream team toulonnaise et l'éloigner du légitime objectif de l'emporter, de signer une performance technique de qualité et d'empocher pour finir un bonus offensif, jamais superflu. C'est en se lâchant que les hommes d'Umaga réaliseront justement cette prestation parfaite, complète, séduisante que l'on appelle encore de nos vœux, tant elles furent rares cette saison à Mayol. Lentement mais sûrement la conquête toulonnaise, notamment dans le jeu au sol est devenue plus propre. Le paquet, sans jamais marquer une parfaite souveraineté s'est installé parmi une concurrence abondante et rageuse. Ainsi, passé les feux de l'automne et la somptueuse séquence inaugurale face à Béziers, le RCT s'est enfin relevé d'un hiver chaotique où il sut se tenir à l'abri, sans jamais mettre, cependant, le nez à la fenêtre. Cela ne doit rien au hasard. Depuis les frémissements du printemps et les premières poussées du thermomètre, les hirondelles Ai'i et Pisi ont déferlé en folles arabesques sur les prairies hérissées de H (NDLR : poteaux). Tout porte à croire que l'envol des attaquants toulonnais se prolongera jusqu'au triomphe final et qu'il se généralisera à toutes les lignes. Et le RCT franchirait encore un palier s'il parvenait à expurger de son bilan, ce quart d'heure d'absence par lequel il remet bien souvent ses adversaires en selle. Domination totale et victoire sans bavure voilà ce que l'on attend des futurs champions de France de pro D2.
Jacques Larrue
Var-Matin