Après avoir contribué au combat pour la libération d'Ingrid Betancourt, les Pradétans ont tenu à manifester leur joie hier soir dans le parc Cravéro. : Photo Julien Bonavita Chantal Blondel voit la vie en rose depuis la libération d'Ingrid Betancourt, mercredi soir. Lorsque la Franco-colombienne est apparue sur le tarmac de la base aérienne de Toleimada (Colombie), Chantal n'a pu empêcher des larmes de joie de couler.
Hier soir, au Pradet, où Ingrid Betancourt a été faite citoyenne d'honneur en mars 2004 (1), la cofondatrice du comité de soutien varois (2) s'est déclarée heureuse « que ce combat se termine par une réussite spectaculaire. Je n'ai jamais voulu croire qu'une femme comme Ingrid puisse mourir dans la jungle. Notre combat a eu raison, notre monde a tellement besoin de femmes comme elle ».
Le combat des citoyens du monde
Et c'est bien pour cela que les élus pradétans ont souhaité immédiatement fêter cette libération lors d'une cérémonie sobre et symbolique sur le parvis républicain. Pour Claude Mésangroas, le maire, « il nous paraissait primordial de témoigner à cette femme courage que nous serons toujours à ses côtés ». Et ils l'étaient depuis février 2002, comme l'a rappelé le premier magistrat. « Chaque année à la même période, afin de ne pas oublier son combat, nous organisions diverses manifestations culturelles. Si nous avons contribué tant soit peu à sa libération, c'est tant mieux. Avant d'être citoyens pradétans, nous sommes citoyens du monde, et cette mobilisation a révélé les meilleurs aspects de notre espèce : solidarité, constance, combativité, désir absolu de liberté. »
Et pourtant le combat n'a pas toujours été de tout repos. Aux côtés de Claude Mésangroas, Marie-Claire Geoffroy-Bottarelli, la vice-présidente du comité de soutien, se souvient : « En 2005, ma première action consistait à faire signer une pétition lors d'une fête du livre. Je peux vous assurer que j'ai essuyé de nombreux refus. » Chantal Blondel acquiesce : « Aujourd'hui encore, nous entendons des paroles bien injustes sur sa libération. Mais, cette fois, Ingrid va pouvoir répondre directement et expliquer son combat. »
Pour Marie-Claire et Chantal « la "Grande dame" est de retour ». Mieux, « On a retrouvé notre chef, et le combat continue ». Dans le sillage d'Ingrid Betancourt, ces femmes ont d'ores et déjà pris le parti de se « remettre au travail en pensant à celles et ceux qui sont toujours retenus dans la jungle colombienne. Mais nous devons aussi nous mobiliser pour des combats comme celui que mène Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix en 1991, assignée a résidence par la junte birmane. »
Et puisqu'il est question de paix, elles imaginent déjà Ingrid Betancourt recevoir le prix Nobel en décembre prochain.
1. À l'instar de la cité pradétane, d'autres communes varoises ont soutenu Ingrid Betancourt : Six-Fours, Ollioules, Bormes-les-Mimosas, Cavalaire, Callian, Carcès, Pourrières, Cuers, Plan d'Aups, Rians, Pignans, la communauté de communes Provence d'Argens. Le conseil général du Var et la Région Paca ont fait de même.
2. Chantal Blondel a fondé le comité de soutien à Ingrid Betancourt avec Marlène Mary, aujourd'hui présidente, et Chantal Messie.