Mourad Boudjellal ne compte pas se défiler. Il sortira par la grande porte. : Photo Gérard Raynaud La crise n'était donc pas passagère. Et à force de déclarer qu'il préparait son départ, Mourad Boudjellal s'est convaincu que le moment était venu. Sa décision est prise. Elle semble irrévocable. « je vais passer la main a-t-il déclaré mardi au journal le Parisien. Et je n'aurai plus de rôle actif. »
Les quelques insultes (inadmissibles!) et les critiques ont pesé plus lourd dans la balance que les nombreux témoignages de soutien. Et l'affaire qui l'a opposé aux « Fadas » au sujet de l'augmentation des abonnements l'a fait définitivement basculer.
Oubliées les joies de la montée en Top 14. A l'heure du bilan, le président du RCT ne veut retenir que les peines « J'ai donné beaucoup d'amour à ce club et on ne me renvoie que de la haine. Je n'ai plus envie de faire rêver ces gens... »
Le rêve américain
De ce mariage de passion conclu au printemps 2006 avec le RCT, il ne gardera que quelques souvenirs et ses 51% qui en font toujours le propriétaire. Et se contentera de les gérer en homme d'affaire. Comme « Robert Louis Dreyfus le fait à l'OM. »
Les « fadas » ont, bien sûr, une petite responsabiliité dans ce divorce. Mais on ne peut occulter les mises en gardes préalables de Mourad Boudjellal. Déjà au creux de l'hiver, éprouvé par quelques résultats décevants et des critiques souvent virulentes, il évoquait sa mise en retrait. Et bien avant l'épilogue de la saison, il se demandait ce qui serait le plus dur : quitter le club après avoir échoué, où s'en éloigner aux jours heureux du Top 14 ?
Dans tous les cas, sa décision lui coûtera. Bien au delà des quelque 5 M d'euros injectés dans le RCT. Mais l'homme que le passé n'intéresse pas, rebondira certainement très vite.
Voilà quelques mois, dans le cadre de ses activités dans l'édition, il a signé un accord de joint-venture avec le groupe américain Marvel. Et il y a peu, il nous avait confié que le Pdg de Marvel souhaiterait le voir un peu plus près de lui à l'avenir.
Mourad Boudjellal qui avait prévu de passer quelques jours en juillet à Miami et Los Angeles, pourrait tout aussi bien en profiter, pour préparer son avenir à Hollywood.
Le rêve américain après la passion « rouge et noire » ? A suivre.
Mais dans l'immédiat, il ne compte pas se défiler. Et casser ce qu'il a si bien reconstruit.
Avant de passer la main donc, à quelqu'un digne de sa confiance et capable de faire fructifier son investissement, il veut sortir par la grande porte.
Nul doute qu'après la présentation de l'équipe 2008-2009 qui réserve quelques grosses surprises pour début juillet, on va déjà le regretter.