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Var-Matin
Actualité Var
lundi 30 juin 2008

Les parcours philosophiques d'Olivier Lemire

 Sur les routes de France, Olivier Lemire a trouvé beaucoup de « Paradis, de nombreux « Enfers », plusieurs « Ombres » mais un seul « Désespoir ».  :  Dominique Leriche Sur les routes de France, Olivier Lemire a trouvé beaucoup de « Paradis, de nombreux « Enfers », plusieurs « Ombres » mais un seul « Désespoir ». : Dominique Leriche

Philosopher, c'est marcher. Ou marcher, c'est philosopher. L'une ou l'autre formule pourrait être sa devise. « J'avance dans la vie au sens propre comme au figuré », résume Olivier Lemire.

Sac au dos, cartes IGN, appareil photo et petit magnéto en main, ce drôle de Parisien vient de relier à pied « L'Ombre », un lieu-dit de la commune de Saou dans la Drôme à « La lumière », autre hameau de la commune du Thoronet. Soit 250 kilomètres bien pesés, après cinq autres « traversées » du même goût, entre « La vie » et « La mort », « L'enfer » et « Le paradis », « La haine » et « L'amour », « Le désespoir et « L'espoir », « La solitude et « La compagnie ».

Des points de départ et d'arrivée qui ne s'inventent pas, « ils existent tous. Je les ai trouvés sur "Google earth". Simplement, moi, j'ai pris les chemins qui les reliaient pour de vrai, comme un équivalent métaphorique. J'ai décidé de marcher sur ces chemins comme on avance dans la vie ».

A 49 ans, ce salarié de Véolia avait envie d'une pause au grand air, « comme d'une transition dans son existence ». Mais pas d'un parcours solitaire. Chacun de ses itinéraires symboliques a été l'occasion de rencontres et d'interviews sur le thème choisi, évidemment.

Et surprise, Olivier Lemire n'a pas eu de mal à trouver des candidats à ces questions, beaucoup de paysans, des promeneurs, des hôtes, « personne ne m'a pris pour un doux dingue. Dans les campagnes, les gens ont envie de parler. Ils se sentent valorisés ».

Discours simple ou commentaire plus recherché, ils nourriront le recueil qu'il prépare aujourd'hui, un ensemble de six carnets sur ces balades philosophiques. L'ouvrage (1) sera aussi illustré avec des photos prises sur ces routes de campagne, qui parlent de chemins imaginaires, champs labourés ou de lavande par exemple. « Ce qui m'intéressait là-dedans, c'est de voir comment la géographie nous éclairait sur notre présence au monde. »

Au total, le bonhomme aura donc « taquiné » près de 2 500 kilomètres entre août 2007, puis mars et juin 2008. Et visiblement, il n'est pas prêt de s'arrêter : « De toute façon, on arrive jamais au bout. » Sans doute, une nouvelle quête en perspective.

1. A sortir début octobre aux éditions du Cherche midi.

I. B.
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